LOUIS VERSTRAET l'industriel

 

LOUIS DESIRE VERSTRAET

Deuxième partie: L'industriel

Louis Verstraet 

L'histoire de Louis est marquée par la richesse exceptionnelle de son environnement professionnel: au cœur de l’essor industriel, il est en relation avec des créateurs renommés et participe à certaines de leurs réalisations. Cet environnement permet de mieux comprendre l'évolution de son parcours, l'envergure de ses projets, et les idéaux auxquels il les associait. Son caractère a du faire le reste, son engagement sans concession dans les objectifs qu’il s’était fixés devant finalement se terminer de façon dramatique. Ce destin a sans doute interpellé son seul petit fils, Maurice ALLIOT, qui a noté ou conservé des souvenirs et des témoignages même posthumes de ce qui avait forgé le destin de son grand-père maternel. Maurice n'a que 21 ans à la mort de celui-ci et, comme lui, il se prépare à une carrière d’ingénieur. Il intègre l’Ecole Centrale en 1909-1910, l'année même où s’achèvent les rêves de Louis VERSTRAET.

Les documents conservés par les descendants de Louis VERSTRAET sur son fameux projet de canal reliant sans écluse et pour des bateaux de fort tonnage l’Atlantique et la Méditerranée sont riches d’indications sur ce projet et sur l’homme qui s’y est consacré. Par contre, comme on l'a noté dans le chapitre précédent, ses activités antérieures sont réduites à de brèves annotations de la main de Maurice ALLIOT, son petit-fils: ces notes, hésitantes, sont celles d'un homme âgé, cherchant dans ses souvenirs les traces de ce grand-père ingénieur et ingénieux et à lui rendre ses lettres de noblesse. Reprenons ces notes plus longuement.

  Notes de Maurice sur CV de Louis

L'usine KUHLMANN à LILLE:
Louis VERSTRAET, ingénieur chimiste, a du occuper là l'un de ses premiers emplois d'ingénieur chimiste.
Les origines de la société KULLMANN datent de 1824. C'est Frédéric KUHLMANN (1803-1881), professeur et savant, qui, constatant les besoins pressants de l'industrie textile en produits chimiques (ceux ci venaient jusqu'alors de l'étranger) prit l'initiative de créer dans le Nord cette branche de production. En 1825, une commandite par actions fut fondée à Loos pour fabriquer surtout de l'acide sulfurique utilisé en teinturerie, blanchiment et sucrerie.
En 1847, la société rachète à La Madeleine l'usine CLAES , fondée 5 ans auparavant. En 1855, l'établissement prend le nom social de KUHLMANN et Cie et, en 1870, devient Société Anonyme.
En 1924 sera réalisée la fusion avec la Société Nationale des Matières Colorantes.
(Informations puisées sur le site http://www.marquette-en-flandre.net).

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Puis est évoqué BIACHE-SAINT-VAAST: En 1846, quatre associés se rendent acquéreurs de deux moulins à huile situés à Biache-Saint-Vaast (Pas de Calais). Ils gèrent un établissement de métaux non ferreux. Ils transforment ces moulins en machine à laminer afin de fabriquer de la monnaie. La machine à vapeur apparaîtra en 1855. Vers 1870, la société s’est forgée une réputation, les gouvernements italien, espagnol, allemand, grec et brésilien comptent parmi ses clients. En 1878, c’est à Biache qu’existe le premier atelier électrolytique français avec la fabrication de tôles et de radiateurs de chauffage central.
(informations puisées sur le site http://www.biachesaintvaast.fr Voir sa rubrique histoire et patrimoine)

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Les notes de Maurice donnent à penser qu'ensuite, tout en donnant cours et conférences en chimie, son grand-père Louis Verstraët était aussi "toucheur d'or" et expert en analyse des lingots pour la compagnie des bijoutiers. Etait-il encore dans le Nord, ou à Paris? (Il semblerait que Louis Verstraet ait eu en 1874 une adresse 9 rue Priant) Ou s'était-il établi déjà à cette époque en Plaine Saint-Denis, au nord de Paris, où se concentrait alors une forte activité industrielle, dans le secteur de la chimie et de la pharmacie? La plaine Saint-Denis est alors un pôle industriel largement consacré à la recherche où se côtoient chercheurs et étudiants. Et l'un des pôles de cette recherche est constitué par les laboratoires MENIER d'où sortent quelques découvertes de renommée mondiale.

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Louis VERSTRAET a entretenu avec la famille MENIER (dont Maurice orthographie mal le nom sur cette note) en particulier avec Emile-Justin MENIER, puis avec Henri et sans doute davantage Gaston MENIER, les fils de celui-ci, des relations multiples et fructueuses, et son investissement dans l’industrie du caoutchouc n’y est sans doute pas étranger, ni peut-être celle de son futur gendre René ALLIOT pour le même caoutchouc et son usage dans l'industrie des fils et câbles pour l'électricité...

LOUIS VERSTRAËT et LA FAMILLE MENIER

Dans l’histoire industrielle des MENIER , on retrouve les différents sites qui sont évoqués dans les notes concernant Louis VERTRAET : Le fameux site de NOISIEL, voué à la fabrication du chocolat après l’avoir été aux produits pharmaceutiques, la Plaine Saint-Denis où s’est ensuite implantée la partie chimie et pharmacie de l’activité, le site industriel de Harbour en Prusse, près de Hambourg, où Louis Vertraet a séjourné, à la demande d'Emile Menier, afin d'en savoir un peu plus sur le caoutchouc et son potentiel industriel: Emile-Justin MENIER sera pendant un temps associé à l'autrichien J.N Reithoffer..., l’usine de caoutchouc et de câbles électriques de Grenelle, au 7 de la rue du Théâtre, à Paris...Chocolat MENIER 

Jean-Antoine-Brutus MENIER, le père, est à l'origine fabricant de poudres pour les droguistes et les pharmaciens. Il a ouvert une maison de commerce dans le Marais à Paris, "La Maison Centrale de Droguerie". Son entreprise située rue des Lombards à Paris pulvérise quantité de substances, dont le cacao, destinées aux pharmaciens. Il invente un système de meule pour la pulvérisation des drogues qu’il applique au traitement du cacao pour le réduire en poudre. Le chocolat n'est encore qu'un "faire-valoir gustatif" mélangé à d'autres substances. Jean Antoine Brutus se préoccupe de la qualité de ses poudres et mélanges, ce qui n'est pas pour déplaire aux pharmaciens encore habitués aux solutions médicamenteuses approximatives sans réel suivi. Jean Antoine Brutus appose sa marque sur chaque produit ce qui l'engage désormais sur le chemin de la qualité. Mais l'outil de production constitué de meules à bras et de chevaux reste limité. La recherche d'espace et d'une autre source d'énergie est indispensable à la croissance de la Maison Centrale de Droguerie. Sur la Marne, de nombreux moulins utilisent la force hydraulique bon marché pour fabriquer mais également pour transporter leurs marchandises.

Jean Antoine Brutus Menier choisit de s'installer à Le moulin à roue pendante de NoisielNOISIEL où le potentiel de développement est grand, à mi-chemin entre Paris (son siège social) et l'une des places fortes de Seine et Marne : Meaux. En 1824, il décide de louer le Moulin de Noisiel ; il en sera propriétaire en 1838. Cette bâtisse en bois sans étage est montée sur deux piliers et accessible par un pont donnant sur la rive non aménagée. Bien loin de son aspect actuel, le moulin subira de nombreuses métamorphoses avant de devenir ce monument édifié par Jules Saulnier en 1872.  Muni de ces nouvelles capacités de production, Jean Antoine Brutus s'intéresse à l'exploitation du chocolat et crée un jour les fameuses tablettes de " chocolat des ménages " présentées par paquet de six barres semi cylindriques habillées du fameux papier jaune, signant l'acte de naissance de la marque de fabrique. Reste que sa "fabrique de poudres et farines à l'usage des droguistes" n'accorde encore qu'une place secondaire à la production de chocolat, en raison des difficultés d'approvisionnement en sucre et en cacao. À sa mort, en 1853, la production n'atteint encore que 4000 kg.

NOISIEL, la "Cathédrale"Son fils Émile-Justin (1826-1881) poursuit l’activité familiale et construit l’empire Menier. Maire de Noisiel en 1871, député de Seine et Marne en 1876, il est ardent républicain. Dès 1853, il prend la direction de l’usine et agrandit le moulin de Noisiel. A partir de 1860 il fait construire une usine neuve à Noisiel, par l'architecte Jules Saulnier (qui travailla ensuite avec Gustave Eiffel). Unique sur le plan de l'organisation du travail, du choix des machines et des procédés utilisés, l'entreprise de Noisiel est un champ d'expérimentation des techniques de pointe (machine à vapeur, turbine, machine frigorifique) tout en respectant le processus de fabrication du chocolat. Louis Vertraet a-t-il lui-même travaillé à l'essor de cette entreprise?

L'architecture industrielle du bâtiment mêle habilement le fer et la brique. Il est décoré de céramiques de fleurs et cabosses, le fruit du cacaoyer contenant les graines de cacao. Par sa beauté architecturale, l'usine est appelée « la cathédrale ».

La société MENIER devient alors une véritable multinationale qui contrôle la chaîne de cacao, depuis la récolte de la matière première jusqu'à la distribution des tablettes de chocolat : elle possède ses propres plantations de cacaoyers au Nicaragua (pour voir le "VALLE-MENIER", suivre ce lien) ,  sa raffinerie de sucre, sa flotte de navires marchands – "l’Emile-Menier", le "Noisiel", le "Claire-Menier" ou encore le "Belem"en font partie –, sa ligne de chemin de fer et son parc automobile. La plupart des 2000 ouvriers de l'usine vivent à Noisiel, dans la cité ouvrière construite sur les modèles britanniques. Le village est composé d'écoles, de magasins, de restaurants et de réfectoires, d'une bibliothèque, d'une caisse d'épargne... les maisons individuelles entourées de jardinets sont conçues pour deux familles.

A partir du moment où l'usine de Noisiel se spécialisa dans la chocolaterie vers 1852, Emile MENIER, avec son ami DORVAULT, concentra à Saint Denis les activités liées à la chimie et à la pharmacie . Louis a-il eu quelque chose à voir avec la Pharmacie Centrale de Saint-Denis? Emile MENIER laissa d'ailleurs rapidement à DORVAULT la direction de l'affaire: une chose en entraînant une autre, Emile avait déjà d'autres projets à explorer! 

Saint-Denis La Pharmacie Centrale

Émile-Justin, en effet, a le don pour flairer les innovations porteuses. Les besoins en matières premières sont de plus en plus grands. Aussi, afin d’assurer son autonomie et de garantir l’essor de la production, il n'hésite pas à acheter de nouvelles parcelles de terrains au Nicaragua, non loin du futur tracé du canal interocéanique, le canal de Panama ouvert par Ferdinand de Lesseps. Le choix est pertinent car il devient propriétaire de terres assurant ses besoins industriels en matières premières mais également susceptibles d'être valorisées par la présence du nouveau canal et des nouvelles voies commerciales.
Les plantations de cacaoyer qu’Emile possède au Nicaragua sont largement plantées d'hévéas, d'où le vif intérêt porté depuis quelques années sur les entreprises de caoutchouc et de gutta-percha (La Gutta-Percha est une substance différant du caoutchouc, en ce qu'elle n'est ni élastique ni extensible bien que douée d'une grande flexibilité ; elle devient plastique à une température élevée, se façonne, se soude alors comme une pâte grasse, et forme un cuir factice dont l'emploi rend de grands services à l'industrie [....] On se sert de la gutta-percha pour envelopper les fils télégraphiques sous-marins. source: Littré).

C'est à cette époque qu'Emile MENIER demande à Louis VERSTRAËT de séjourner quelques temps à l'usine de HARBOURG: Il tient à en savoir plus sur cette nouvelle matiière première, le caoutchouc, à laquelle les allemands ont commencé à s'intéresser et à exploiter. Les MENIER, convaincus,  vont s'associer pendant un temps à l'autrichien J.N Reithoffer, à HARBOURG (voir image).

Dès 1860, Emile fait construire l'usine de Grenelle, la plus importante de France en 1867 : L'établissement livre au commerce toutes les pièces de caoutchouc nécessaires aux divers usages industriels, joints, rondelles, tuyaux d'arrosage, pour les chemins de fer, tampons de choc, rondelles de suspension, durites, etc. Mais les grandes spécialités de l'usine de Grenelle sont les courroies de transmission, la fabrication de l'ébonite, ou caoutchouc durci, et enfin les fils conducteurs de sonnerie et câbles sous-marins à partir de 1873. La maison Menier fabrique pour la ville de Paris et pour d'autres villes françaises les câbles pour la téléphonie souterraine. En 1877, le câblier l'Ampère pose entre le Havre et Honfleur le premier câble de fabrication nationale sorti des Établissements Menier, d'un diamètre de 55 mm, son poids est de 10 tonnes au kilomètre il est capable de résister sans se briser à un effort de 40 tonnes. Cette production n'est pas destinée uniquement au marché intérieur, mais aux multiples comptoirs qui distribuent les produits MENIER dans le monde entier.

Du câble à l'ampoule, il n'y pas grand chemin, les Menier s'intéressent également à la production d'énergie. L'Exposition universelle de 1878 couronne Menier de deux médailles d'or, la première pour le caoutchouc et la gutta-percha, la seconde pour les câbles électriques. La fabrication de tels équipements passe également par leur installation. Concernant les câbles sous-marins, une première pose fut effectuée entre Calais et Douvres en 1850 et en 1869 la pose d'un câble fut installée à destination des Amériques.

Affiche MENIER Caoutchouc  Enseigne MENIER Câbles et Fils Electriques

 Après la mort d'Emile MENIER en 1881, ses trois fils ont repris le flambeau. Albert s'occupe essentiellement de l'usine de Grenelle, tandis qu'Henri et Gaston continuent à valoriser l'usine de Noisiel et la marque Chocolats MENIER, tout en développant selon leur caractère propre l'un la publicité de la marque (Henri), l'autre (Gaston) l'organisation sociale.

A propos des MENIER, Maurice évoque un château... (?) En 1913, peu avant sa mort, Henri MENIER s'est porté acquéreur du château de Chenonceaux, d'ailleurs transformé dès le début de la Grande Guerre en hôpital militaire.Mais cela, Louis VERSTRAET n'a pu le savoir. Il était décédé alors. D'ailleurs, les héritiers des entreprises MENIER, loin d'entretenir l'esprit de leurs pères, dilapidèrent plutôt leur fortune (île d'Anticosti au Quebec, chateau de Chamant, nombre d'hôtels particuliers à Paris ou ailleurs, yachts, etc...).

Sites consultés pour MENIER:

http://chocolatmenier.free.fr/
http://perso.orange.fr/pone.lateb/chronologie.htm
http://www.atome77.com/articles/179/Personnages/Saga-Chocolat-Menier.htm

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Mais revenons à la liste établie par Maurice.

L'AVENTURE DU DIRIGEABLE "LE FRANCE" avec CHARLES RENARD et ARTHUR KREBS

Il est difficile d'être certain de la chronologie de ces éléments de CV que Maurice, déjà âgé, a essayé de reconstituer de mémoire.

Il semble qu'après avoir travaillé dans l'industrie du caoutchouc pour le compte des Menier, Louis VERSTRAET ait possédé ses propres usines, la première à Charenton - ce devait être aux alentours de 1874 (voir plus bas sa mention dans l'Association pour l'avancement des Sciences), et plus tard celle de Montrouge (que signifie le nom CASSASSA ou CASASSA? peut-être un associé?). Louis VERSTRAET se rapproche alors de Charles RENARD qui, avec Arthur KREBS, construit le dirigeable "la FRANCE". Maurice en effet rapporte dans ses notes (agrandir les documents ci-dessous) que son grand-père maternel Louis VERSTRAET, directeur d’une usine de caoutchouc, a fabriqué l’enveloppe de toile caoutchoutée du dirigeable "la France" lancé en 1884:

Dirigeable "La France"  "La France" Hangar de Malnoue 

Louis VERSTRAET, "un des tout premiers, sinon le premier fabricant de caoutchouc manufacturé en France", avec l’appui de Menier – le chocolatier – aurait fabriqué cette toile caoutchoutée "dans un atelier construit tout exprès à Malnoue, entre Noisy le Grand et Villiers sur Marne, si je ne me trompe pas" précise Maurice dans cette note étayée par la direction de la documentation du Musée de l’Air (Malnoue se trouve à 3 km de Noisiel). Et il ajoute ce souvenir personnel : "Dans toute mon enfance, j’ai vu, dans la salle à manger de mon grand-père (8 rue Renault), une photographie assez grande du dirigeable "le France" dédicacée au nom de Louis VERSTRAET par KREBS et RENARD".

Compléments web sur Charles RENARD et Arthur KREBS

Centenaire de Charles RenardCharles Renard veut faire progresser la navigation aérienne. La dirigeabilité aérienne est un point faible des aérostats. Il y travaille, aidé de son adjoint, Arthur Krebs. C'est en 1877 qu'il fonde l'Établissement Central de l'Aérostation Militaire de Chalais-Meudon qui devient ainsi le premier laboratoire d'essais aéronautiques au monde. En 1879, il sollicite de son ministère de tutelle l'établissement d'un hangar nécessaire à la construction et au remisage des ballons et des dirigeables. C'est dans ce hangar que Charles Renard et Arthur Krebs construisent et mettent au point le dirigeable « La France ». Le 9 août 1884, avec une hélice motorisée par moteur électrique alimenté par pile, ce dirigeable réalise, au-dessus du plateau de Villacoublay, le premier vol en circuit fermé au monde. Il a duré 23 minutes pour un parcours de 8 km.Très inventif, il dépose nombre de brevets dans d'autres domaines : Les séries géométriques qui portent son nom « séries Renard » étaient elles-mêmes issues des études aeronautiques de Renard : Constatant que l'armée utilisait 425 câbles de divers diamètres pour l'attache et la construction des aérostats (dirigeables, montgolfières), il calcula que 17 devaient suffire; les diamètres étant en progression géométrique qu'il s'agirait de définir par classes.Il invente en 1903 un « train routier à traction continue » qui conservera le nom de « train Renard », et encourage les essais d’aéroplane en accueillant dans son centre le capitaine Ferdinand Ferber.Face à des difficultés administratives qu'il estime entraver le développement de ses recherches, il meurt dans son laboratoire en 1905. L'hypothèse d'un suicide n'a jamais été confirmée.

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LES USINES DE CAOUTCHOUC VERSTRAËT

De l'usine de Montrouge, la chronique familiale a retenu qu'elle a brûlé... Comme il était d’usage à l’époque, les Verstraet habitaient dans les locaux, au rez-de-chaussée. Et, le feu gagnant du terrain, on jetait par les fenêtres tout ce qu’on pouvait, linge, argenterie, etc., au risque de se les voir subtilisés par les passants.

Les VERSTRAET ont-ils alors gagné Saint-Denis? C'est là qu'est établie la famille en 1887 (mariage de Marie) et c'est là qu'est né Maurice, chez ses grands parents, en 1889. Pourtant, dans une lettre datée du 10 août 1887, les Portalis (couple ami de la famille Vertraet), demandent à Marie (dont est annoncé le prochain mariage avec René ALLIOT): "Vous devez rester à Saint-Denis. Est-ce avec vos parents ou iront-ils à Montrouge?" L'usine de Montrouge existait encore à cette date? Ce qui est certain, c'est que René et Marie ALLIOT ont habité rue de la Briche à saint Denis jusqu'à ce qu'ils s'installent Boulevard Voltaire à Paris, peu après la naissance de Maurice. Donc, à quelle date a eu lieu l'incendie de l'usine de Montrouge???
Et que signifie, à propos de Saint-Denis, la mention "Martini, procès perdu", dans la petite note de Maurice??? Bien des éléments manquent au puzzle!

Quelle que soit la date à laquelle Louis Verstraet a cessé son activité dans l'industrie du caoutchouc, on sait qu'il s'intéressait déjà depuis quelques années au Canal des Deux-Mers: Membre 'associations scientifiques, il participait à des congrès, écrivait des articles. En 1882, paraissait dans La Nouvelle Revue un article sur "Le canal maritime de l'océan à la Méditérannée au point de vue politique et militaire".... (voir plus loin)

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L. VERSTRAËT COLLABORE A DES PROJETS DIVERS

Les relations avec Michel PERRET sont difficiles à dater, et sans doute antérieures aux activités de Louis qu'on a vues plus haut. A l'Exposition universelle de 1867, cet industriel est primé pour son four "pour la combustion de la pyrite menue": C'est lui déjà qui, dans l'atelier de son père, a, le premier, fabriqué de l'acide sulfurique par la combustion directe des pyrites (avant, la production de l'acide sulfurique se faisait par la combustion du soufre). L’acide sulfurique est le produit de base de la chimie. C’est un produit nécessaire à toute l’industrie : industries textiles, industrie des engrais, industrie métallurgique. Les pyrites inutilisées encombraient le carreau des mines de cuivre parce qu'elles étaient trop riches en soufre et trop pauvres en cuivre : Ce minerai ne pourrait-il pas remplacer le soufre que l'on faisait venir à grands frais de Sicile ? En 1833, quelques mois après l'arrivée du chemin de fer de St-Etienne à la gare de Perrache à Lyon, on construisit pour brûler le minerai un four spécial: Mais, pendant trois ans on brûla beaucoup de charbon pour des rendements médiocres, jusqu'au au jour où l'on s'aperçut que ces quantité de charbon était inutiles, et qu'il fallait modérer l'entrée de l'air dans un calorifère spécialement conçu pour brûler cette pyrite en n'employant que les "fines de charbon". Le grillage des pyrites donna alors un acide sulfurique encore beaucoup moins cher. Etait-ce là le "four à gradins étudié et mis au point dans les ateliers de mon grand-père" pour brûler les fines de charbon"? Voir les pages liées, extraites d'une revue scientifique, sur les fours à étages mis au point par Michel Perret: page 1, texte et schémas, page 2, fin du texte.

Albert de DionPlus difficile est d'imaginer les liens que Louis entretint avec le marquis Albert de Dion et son associé BOUTON, si ce n'est par la fréquentation des mêmes cercles scientifiques où inventeurs et savants de tous poils s'apportent les uns aux autres les réponses aux problèmes techniques qui se posent à eux, et, ensemble, vivent l'aventure!
Désinvolte, provocateur, aristocratique, fortuné, le comte De Dion est un personnage tourné vers l'avenir, qui croit en l'automobile et rêve de construire des voitures, comme Amédée Bollée, mais plus légères, et moins chères. Il trouve en Georges Bouton, modeste et réservé, mais surtout ingénieux fabricant de maquettes et jouets scientifiques, le partenaire idéal pour satisfaire ses ambitions. Rejoint par Armand Trépardoux, beau-frère de Bouton, ingénieur des Arts et Métiers et spécialiste des chaudières à vaporisatEnseigneion instantanée, le trio s'installe au 22 rue Pergolèse, non loin de la porte Maillot, quartier réputé pour ses fabricants de vélocipèdes. Les nouveaux "Etablissements De Dion-Bouton et Trépardoux" proposent, dès l'année suivante, un premier quadricycle à vapeur, alors la seule force motrice de l'époque, avec roues avant motrices et roues arrière directrices. Ce sont les frères Renard, fabricants de cycles et inventeurs des roues à rayons croisés, qui réalisent toute la partie vélocipédique de ce modèle. L'entreprise dépose un premier brevet concernant une chaudière à vaporisation rapide. Celle-là même qui est présentée à la Marine et montée sur plusieurs canots à moteur essayés à Paris sur la Seine. Mais le comte De Dion préfère décidément l'automobile et oublie bien vite cette parenthèse fluviale. Un second quadricycle, dont le moteur développe sort en 1884, et les réalisations se succèdent, toujours plus perfectionnées et plus puissantes. Jusqu'à la première voiture 4 places qui atteint la vitesse phénoménale pour l'époque de... 60 km/h!

Ferdinand de LessepsFerdinand de LESSEPS fait partie des mêmes cercles. Ferdinand, le diplomate, le créateur de Suez, le pionner de Panama, est né à Versailles le 19 novembre 1805. Son oncle Barthélemy de Lesseps, frère aîné de son père, avait déjà montré le caractère aventureux de la famille: tout jeune encore, fil avait fait la connaissance de La Pérouse et appareillé sur "L'Astrobale". Au bout de deux années de navigation, La Pérouse avait chargé le jeune Lesseps de regagner la France pour apporter au roi Louis XV des nouvelles de l'expédition. Avait commencé alors pour Barthélémy une odyssée de quatorze mois à travers l'immensité glacée de la Sibérie, avant de remettre au souverain les dernières nouvelles reçues de l'expédition avant sa disparition.
Le père de Ferdinand, Mathieu, frère cadet de Barthélemy, mène une carrière diplomatique qui le conduit dans divers postes consulaires sur les bords de la Méditerranée, Maroc, Lybie, Espagne. En 1803 ou 1804, Bonaparte lui confie les fonction de commissaire général en Egypte. Mathieu comprend tout de suite le rôle que peut jouer, dans le gouvernement du pays, l'aventurier de génie qu'est Méhémet-Ali, le véritable fondateur de l'état égyptien moderne. Il ne cesse de soutenir le pacha dans l'ascension de celui-ci vers le pouvoir, et lorsqu'il devient vice-roi, lui assure le soutien de la France. De là naissent des liens d'amitié qui compteront pour beaucoup, cinquante ans plus tard, dans la destinée de Ferdinand. La mère de Ferdinand, née Catherine de Grivegnée, est d'origine flamande et espagnole d'adoption. Ferdinand, est souvent reçu à Madrid chez sa cousine germaine la Comtesse de Montijo ; il y rencontre une toute jeune fille, Eugénie de Montijo, qui va devenir l'Impératrice des Français. Des liens d'amitié très étroits unissent Eugénie et Ferdinand qui en plusieurs occasions aura recours à sa nièce pour se concilier la faveur de l'Empereur.
Dès l'age de 20 ans, Ferdinand de Lesseps fait ses premières armes dans la carrière diplomatique., à Lisbonne, puis à Tunis. En 1832, il est nommé en Egypte, en qualité de vice-consul à Alexandrie. A cette époque, Méhémet Ali, qui a déjà transformé son pays et doté l'Egypte d'institutions modernes, entreprend de grands travaux avec le concours d'ingénieurs et d'administrateurs européens, parmi lesquels les français tiennent un très grande place.
En 1835, Ferdinand de Lesseps est nommé consul général à Alexandrie où il reste encore deux ans. Méhémet Ali lui confie d'ailleurs l'éducation d'un de ses plus jeune flis, Mohammed Saïd, avec lequel il s'entend particulièrement bien.
Il assure encore des fonctions consulaires aux Pays-Bas et en Espagne. Mais, en 1849, désigné pour mener les négociaitons pendant la campagne des français à Rome, il sert de bouc émissaire pour faire passer l'échec de l'affaire romaine. C'est ainsi que cesse sa carrière diplomatique.
Il a fait acheter par sa belle-mère, Madame Delamalle, une grande propriété située dans l'Indre: Le manoir de la Chesnaye, ancienne résidence d'Agnès Sorel, a besoin d'être restauré et la propriété mise en valeur. Lesseps y consacre tous ses soins. Mais, dans ses instants de loisirs, il reprend d'anciens dossiers constitués lors de son premier séjour en Egypte, entre 1832 et 1837. Au nombre de ceux-ci il y a les travaux accomplis dans l'isthme de Suez, en particulier l'étude faite par son père pendant la campagne napoléonienne, ainsi que les investigations complémentaires d'un ingénieur français, Linant de Bellefonds. Lesseps, en réalité, s'était déjà pris de passion pour le projet qu'on appelle à l'époque le "Canal des deux mers". Il avait même rédigé, en 1852, un mémoire sur la question, qu'il avait fait traduire en arabe et remettre au vice-roi d'alors, Abbas-Pacha. Mais cette première démarche n'avait pas eu de suite.
Deux ans plus tard, en Egypte, Abbas-Pacha qui vient de mourir est remplacé par Mohammed-Saïd, qu'il a bien connu lors de son premier séjour en Egypte. Il lui écrit aussitôt pour le féliciter. Par retour du courrier, il reçoit de Saïd une invitation à se rendre en Egypte. Le 7 novembre 1854, il débarque à Alexandrie... et aborde avec le vice-roi le sujet qui lui tient à coeur.
Ainsi, dès le 30 novembre, Mohamed-Saïd accorde à "son ami" Ferdinand de Lesseps "le pouvoir exclusif de constituer et de diriger une compagnie universelle pour le percement de l'isthme de Suez et l'exploitation d'un canal entre les deux mers".
Après trois ans de démarches, Lesseps procède le 15 décembre 1858 à la constitution définitive de la Compagnie Universelle du Canal Maritime de Suez. Le premier coup de pioche est donné le 25 avril 1859. En dépit de multiples difficultés techniques et diplomatiques, le canal sera percé: Du 17 au 20 novembre 1869, le canal de Suez est inauguré en grande pompe, en présence de l'impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, et de l'empereur d'Autriche François-Joseph. C'est ainsi que Ferdinand devient "Président fondateur de la Compagnie Universelle du canal maritime de l'isthme de Suez".
Mais Ferdinand se passionne aussi pour Panama..., autre canal entre deux mers!
En 1879, agé de 74 ans, il se lance dans cet autre projet, malgré l'avis de ses proches. Lors d'un congrès il devient président du comité français pour le percement d'un canal interocéanique en Amérique centrale. Comme pour Suez, il crée le 20 octobre 1880 une société anonyme en vue de collecter les fonds et conduire le projet, la Compagnie universelle du canal interocéanique de Panama. Les travaux débutent l'année suivante.
Le chantier du Canal de PanamaMais l'isthme américain est traversé par une cordillère montagneuse très élevée et les premiers travaux se soldent par d'immenses difficultés. On fait venir d'abord des ouvriers chinois puis des Noirs de la Jamaïque. C'est bientôt l'hécatombe : épidémie de fièvre jaune, accidents de terrain, etc... font énormément de victimes parmi les ouvriers. L'absurdité du projet et son coût exhorbitant fait reculer les banques. L'affaire va se terminer  pour Ferdinand de Lesseps et pour ses fils par un échec, dans un climat de passion politique et de scandale financier où sont impliqués tout ensemble les milieux politiques, financiers, des entrepreneurs et la presse. La déconfiture de la Compagnie s'avère inéluctable en 1889: Le tribunal de la Seine prononce sa mise en liquidation judiciaire le 4 février 1889. Cela va entraîner la ruine de 85 000 souscripteurs. Charles de Lesseps, fils aîné de Ferdinand, doit comparaître au procès qui suit. Ferdinand, lui, est trop âgé (voir page de l'"Illustration" ci-dessous).
Il s'éteint en 1895. Les fondations qu'il a creusées au Panama auront été suffisamment sérieuses cependant pour que les Etats-Unis, au début du 20ème siècle, reprennent l'affaire et la mènent à bien.

Déjà membre de l'Académie des Sciences depuis 1873, Lesseps était membre de l'Académie Française: Il y avait été reçu le 23 avril 1885 par Ernest Renan.

Sans prétendre que notre ancêtre Louis puisse être comparé à Ferdinand de Lesseps, on est frappé par la similitude de leur passion! Pour Louis, Ferdinand, de 28 ans son aîné, avait du être un précurseur et un modèle. Les Menier d'ailleurs le connaissaient bien, et Louis le croisait fréquemment parmi les ingénieurs et les scientifiques qu'il fréquentait.

Procès de Panama

http://www.associationlesseps.org
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ferdinand_de_Lesseps
http://www.herodote.net/histoire/evenement.php?jour=18930320

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DES SCIENTIFIQUES INVESTIS DANS L'IDEE DU PROGRÈS SOCIAL ET ECONOMIQUE,
PROCHES DES MILIEUX POLITIQUES

Pour Louis VERSTRAËT l'essor industriel devait contribuer à l'amélioration des conditions économiques et sociales du pays. Il se sentait proche en cela des scientifiques et industriels qui défendaient les mêmes valeurs, membres des mêmes associations professionnelles, écrivant dans les mêmes revues scientifiques, participants ou intervenants des mêmes congrès, parties prenantes des mêmes expositions, en particulier les Expositions universelles. Certains mêmes s'étaient impliqués  dans la vie politique, conseillers, maires, députés ou sénateurs, grâce auxquels les projets industriels et les idées sociales trouvaient un écho auprès des gouvernants.
Par exemple, Louis VERTRAET a fait partie de l"ASSOCIATION FRANÇAISE POUR L'AVANCEMENT DES SCIENCES".

Créée aux lendemains de la défaite française de 1870 par l’action conjointe de savants, de banquiers, d’industriels, "l’Association Française pour l’Avancement des Sciences" tient, à partir de 1872, des congrès annuels dans des villes de province ou des colonies françaises, auxquels sont conviés sous sa bannière "Par la science, pour la patrie" tout à la fois les savants les plus prestigieux, français comme étrangers, "les amateurs de sciences", mais aussi, côté public, «les classes riches et oisives" comme "les clases laborieuses". Entre 1872 et 1914, l’AFAS édite annuellement les actes de ses congrès. Parmi les participants, auditeurs ou intervenants, de ces congrès, on trouve évoqué Louis VERSTRAET en 1874: l'adresse mentionnée est alors 60 rue des Carrières, CHARENTON-LE-PONT (Seine). On trouve aussi son nom dans les textes numérisés par google des archives de l'Association: la qualité de la transcription étant très mauvaise, on ne peut voir ici la date): Mais Louis VERSTRAET est enregistré 9 rue Friant, à Paris, 14ème (C'est proche à la fois de la rue du Théâtre, quartier Grenelle, et de Montrouge!). En 1890, le texte a trait au Congrès qui s'est tenu à Paris suite à l'Exposition Universelle de 1889. Dans ce texte, Louis VERSTRAET figure encore dans la liste des participants: il est domicilié alors à sa dernière adresse parisienne,  8 rue Renault.
Dans les archives numérisées (très partielles) de cette Association on retrouve à plusieurs reprises les nom de Ferdinand de LESSEPS, Président du Conseil de la Compagnie Universelle du canal de Suez", de de DION, surtout Henri, le père d'Albert, de Michel PERRET, "Administrateur de la Compagnie des Glaces et Produits Chimiques de Saint-Gobain", de Charles RENARD, "Chef de bataillon du Génie, Directeur des Etablissements centraux d'aérospatiale militaire au Parc de Chalais, à Meudon".
Au 17ème Congrès de L'Association Française pour l'Avancement des Sciences, qui a lieu en 1888 à Oran, on trouve réunis, entre autres chercheurs et entrepreneurs:
- Michel PERRET, 3 place d'Iéna, Paris
- Charles RENARD, Meudon
- le Comte Ferdinand de LESSEPS, 29 rue Montaigne, Paris
- Louis VERSTRAET, ingénieur civil, 30 rue de la Briche, Saint-Denis

Certains d'entre eux se retrouvent aussi lors des réunions de la "Société des Ingénieurs Civils", issue d'anciens élèves de l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures": On y retrouve aussi Gustave Eiffel, ami des MENIER et de F. de LESSEPS.

Ils peuvent aussi se côtoyer sur la scène politique: Michel PERRET, dont les premières usines sont à Lyon, représente le département du Rhône à l'Assemblée, puis au Sénat. Albert de DION, d'origine Nantaise, est député de la "Loire Inférieure" de 1902 à 1923, et en sera le représentant au Sénat de 1923 à 1941. Les MENIER, eux, collectionnent les mandats: Émile-Justin a été conseiller municipal de Noisiel entre 1855 et 1871 (seule interruption entre 1860 et 1865), Maire de Noisiel 1870-1881, conseiller général de Meaux de 1870 à 1877 et député de Seine et Marne de 1876 à 1881. Son fils Henri prit sa suite comme maire de Noisiel de 1881 à 1913, et Gaston, que Louis a sans doute le plus fréquenté fut maire de Lognes (1884-1892), maire de Bussy-Saint-Martin (1892-1913), conseiller général du canton de Lagny (1891-1934), Député de Meaux (1898-1909) puis sénateur (1909-1934) et maire de Noisiel de 1913 à 1934!

On peut comprendre enfin l'atmosphère d'enthousiasme et d'émulation qui a pu régner dans cette seconde moitié du 19ème siècle au cours de laquelle les avancées et projets scientifiques étaient partagés et mis en valeur par les EXPOSITIONS UNIVERSELLES. Vitrines mondiales et temples du génie humain. où se distribuent prix et distinctions, où luxe et démesure reflètent l'extraordinaire essor industriel. Les expositions favorisent les rencontres et les collaborations les plus fructueuses entre tous ces chercheurs et ces ingénieurs, et ne pouvent qu'entretenir un climat favorable aux projets les plus audacieux.

Ces passionnés du progrès collaborent à des revues scientifiques, économiques, voire même littéraires. Républicain convaincu, Émile-Justin Menier, grand défendeur de la liberté de la presse, fonde lui-même dès 1875 une revue bimensuelle intitulée, "La Réforme économique". Il est entouré de collaborateurs célèbres tels que les écrivains Alphonse Daudet et Émile Zola ou Maurice Rouvier, futur président du Conseil. Il écrit de nombreux ouvrages politiques et économiques, notamment et, afin de diffuser plus largement ses idées, il achète en janvier 1876 une feuille parisienne, "Le Bien public" et décide d’en faire un grand quotidien de tendance radicale rebaptisé "Le Voltaire". Mais celui-ci cesse de paraître en 1878.
Mais c'est dans une autre publication, "La Nouvelle Revue" que de 1880 à 1884, on trouve beaucoup d'articles de F. de LESSEPS, sur des thèmes et dans des rubriques très variées: "Le CanalInterocéanique et le Congrès Géographique de 1879 (tome 4, nov-déc. 1879), "Après la guerre de 1870-71" (tome 2, Janv-Fév 1880), "La Vapeur" (tome 13, sept-oct 1881), "Algérie et Tunisie" (tome 13, nov-déc 1881), "Jugements sur la révolution de 1848 par un grand écrivain espagnol" (tome 21, mars-avr 1883), "Abd-El-Kader" (tome 22, mai-juin 1883), "Souvenirs d'un voyage au Soudan (tome 25, janv-fév 1884), "L'Abyssinie" (tome 26, mars-avr 1884), "Origine et fonctions des Consuls" (tome 29, juil-août 1884).

Et c'est dans cette même "Nouvelle Revue", tome 17 paru en juillet-août 1882, que Louis VERSTRAET publie un article sur "Le canal maritime de l'océan à la Méditérannée au point de vue politique et militaire".....
http://fr.wikisource.org/wiki/La_Nouvelle_Revue

La preuve est là que dès le début des années 1880, Louis Verstraet s'intéresse à son propre projet de Canal des Deux-Mers , désignation utilée déjà par son aîné de LESSEPS pour les projets de SUEZ et de PANAMA.

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Ce chapitre a mis en scène un ingénieur de son siècle, porté par l'idée du progrès. Si les ingénieurs de l'époque avaient suivi un certain président de groupe lors d'une réunion d'Ingénieurs tenue à Nancy vers 1835, peut-être l'ère industrielle n'aurait-elle pas existé! On sourit à la lecture de ce petit discours... (il s'agit d'un texte découpé et conservé par Maurice Alliot)